Les Grands Projets
Mr. Nizar Baraka
Président du Conseil Economique, Social et Environnemental


Régionalisation avancée : les provinces du Sud en pilotes

Dans les provinces du Sud, le grand projet de régionalisation avancée doit permettre de créer une nouvelle dynamique économique, sociale et de gouvernance à même de créer une croissance partagée et un équilibre régional.

Une nouvelle configuration territoriale se profile, en harmonie avec les changements que connait notre pays. Portée comme l’une des grandes nouveautés apportées par la nouvelle Constitution, la régionalisation avancée est une chance qui doit permettre à notre pays de trouver de nouvelles perspectives de croissance. Et pour cause, chaque région doit investir dans les atouts et les spécificités locales afin de créer richesse et emplois. « En plus, [elle] crée un climat mobilisateur porté par une dynamique sociétale prometteuse favorisant l'émergence de nouvelles élites, notamment parmi les femmes et les jeunes, dans le cadre d'une alternance démocratique ouverte au pouvoir ». (Discours royal du 6 novembre 2012).

La principale rupture s’opérera au niveau de la gouvernance, puisque les pouvoirs seront transférés aux conseils régionaux élus au suffrage universel direct. Ces conseils seront chargés de la planification, de l’exécution des plans de développement, approuvée par l’Etat, tel qu’inscrit dans la Constitution. Cette nouvelle forme de gouvernance, plus participative, et fondée sur la primauté du droit,repose sur l’implication directe des populations.

Cette approche participative a prévalu lors de l’élaboration, par le Conseil Economique, Social et Environnemental, du nouveau modèle de développement des provinces du Sud, destinées à être une région pilote pour l’implémentation de la régionalisation avancée.

Plus de 1500 acteurs locaux représentant les élus, les autorités locales, les opérateurs économiques, les syndicats, les associations et divers représentants de la population ont été écoutés sur leurs besoins et leurs attentes afin d’associer le plus grand nombre à la construction de ce modèle qui se veut inclusif, intégré et durable.

En assurant la participation des populations en tant que concepteurs puis gestionnaires et bénéficiaires du modèle, ce dernier se voit offrir les garanties de son succès, en mettant le citoyen au cœur de la démarche.

Les mesures proposées par le nouveau modèle touchent aussi bien à l’économique, au social, à l’environnemental ou au culturel, proposant, pour la première fois, un arsenal complet. Le modèle repose également sur un référentiel innovant, à savoir les droits humains de nouvelle génération incluant, non seulement les libertés individuelles mais aussi les droits sociaux et environnementaux.

C’est ainsi que l’accent est mis sur le renforcement des capacités des individus, en améliorant l’accès à l’emploi, en valorisant le savoir-faire local, en préservant le patrimoine et en permettant aux citoyens de gérer démocratiquement les affaires de leurs régions.

Les mesures proposées sont à la fois réalistes et opérationnelles visant à enclencher une nouvelle dynamique socio-économique de développement porteuse de croissance et génératrice d’emplois. Et dans le cadre d’une déclinaison locale des politiques sectorielles, le modèle préconise la création de pôles de compétitivité régionaux. Ainsi, Laâyoune-Boujdour devrait être érigée en plate-forme logistique pour les provinces du Sud et pour l’Afrique. La région Oued-Eddahab-Lagouira s’imposerait comme un pôle halieutique de premier plan et la région de Guelmim-Es-Smara miserait principalement surles énergies renouvelables et sur l’économie sociale et solidaire.

L’exploitation responsable et à haute valeur ajoutée des ressources naturelles des provinces, qu’elles soient hydriques, halieutiques ou minières, sera mise au profit des citoyens et du développement local et en harmonie avec ses priorités.

Autre rupture préconisée par le modèle : la rénovation des systèmes d’aides sociales en responsabilisant les bénéficiaires et en garantissant une prise en charge intégrée des populations récemment intégrées au territoire national.

La clarification des critères d’attribution des aides et le ciblage affiné des bénéficiaires aideront à promouvoir les valeurs de transparence et d’équité, conditions sine qua non pour la cohésion sociale, adossées à un accès équitable et efficient à la justice.

Ce sont toutes les réformes engagées au niveau national qui devraient trouver une concrétisation sur le terrain, mettant les citoyens et leur bien-être au cœur des projets d’avenir et faisant des provinces du Sud un hub entre le Maghreb et l’Afrique Subsaharienne source de stabilité et de prospérité.